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Prévention de la Corruption : sensibilisation, identification et gestion des risques

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Prévention de la Corruption : sensibilisation, identification et gestion des risques

La lutte contre la corruption est un enjeu majeur pour garantir l’intégrité et la transparence au sein des États membres de l’Union Européenne. Si l’investigation et la répression restent nécessaires, elles ne suffisent pas à elles seules pour éradiquer ce fléau. La prévention, quant à elle, joue un rôle clé en permettant d'identifier et de gérer les risques avant qu’ils ne se concrétisent. Sensibiliser, former et mettre en place des dispositifs adaptés sont des étapes cruciales pour construire une culture de l’intégrité, aussi bien dans le secteur public que privé.

  • PubliĂ© le 28 FĂ©vrier 2025
  • Temps de lecture 8 minutes

Qu’est-ce que la prévention de la corruption ?

L’Union EuropĂ©enne s’est engagĂ©e dans un important plan de lutte contre la corruption, visant la tolĂ©rance zĂ©ro et la promotion de la culture de l’intĂ©gritĂ© au sein des Etats membres. L’investigation et la rĂ©pression ne peuvent suffire Ă  ces ambitions et en ce sens la structuration de plans de prĂ©vention est un passage indispensable.  PrĂ©venir la corruption, c’est avant tout sensibiliser et identifier puis palier les risques d’exposition Ă  la corruption en amont plutĂ´t que les faits avĂ©rĂ©s de corruption a posteriori. Le champ de la prĂ©vention touche aux risques de corruption mais aussi de trafic d'influence, de concussion, de prise illĂ©gale d'intĂ©rĂŞts, de dĂ©tournement de fonds publics et de favoritisme comme dĂ©finis dans la loi Sapin 2. S’engager activement dans la prĂ©vention de la corruption suppose de s’outiller et de se doter d’un dispositif - le programme de conformitĂ© de prĂ©vention des risques de la corruption -  adaptĂ© Ă  l’entitĂ© qu’elle soit de droit public ou privĂ© et alignĂ© avec les recommandations de l’Agence française anticorruption.

Quels sont les scĂ©narios de corruptions qui reviennent le plus ? 

Les scenarios de corruption les plus communs sont des situations de corruption « active Â» ou « passive Â» entre un fournisseur et un acheteur qui sollicite ou se voit proposer un avantage indu, un cadeau, en contrepartie de sĂ©lectionner ledit fournisseur dans le cadre d’un appel d’offres ou d’une mise en concurrence, de lui attribuer un marchĂ© ou de renouveler son contrat. On observe Ă©galement assez frĂ©quemment des pratiques de favoritisme consistant Ă  solliciter le recrutement par une sociĂ©tĂ© ou un organisme d’un proche, d’une personne de pouvoir ou d’influence en contrepartie d’un avantage, d’un cadeau ou d’un service rendu par ailleurs. Une autre illustration assez classique consiste Ă  surfacturer une prestation ou Ă  facturer une prestation fictive Ă  un client ou une relation d’affaires. Le commercial qui acceptera, au dĂ©triment de sa sociĂ©tĂ©, de payer la surfacturation recevra en contrepartie une rĂ©trocommission de la part du fournisseur. Les sujets sont très divers et les personnes malheureusement très crĂ©atives pour dĂ©jouer les dispositifs de contrĂ´le ou tirer profit des failles ou faiblesses des environnements de contrĂ´le interne.

Quels sont les principaux défis auxquels sont confrontées les entreprises en matière de lutte contre la corruption aujourd'hui ?

Le premier challenge consiste sans nul doute Ă  convaincre toutes les strates de l’organisation de la nĂ©cessitĂ© de mettre en place un programme de conformitĂ© anticorruption. Le dĂ©fi est certes financier et budgĂ©taire, car cela nĂ©cessite de se doter de moyens suffisants pour se mettre au diapason du cadre rĂ©glementaire et/ou des ambitions affichĂ©es en matière de gouvernance et d’intĂ©gritĂ©, mais aussi bel et bien culturel. Et dans certaines organisations, il peut mĂŞme relever primairement de la prise de conscience, y compris au niveau des dirigeants ou personnel publiquement exposĂ©, par rapport Ă  des pratiques plus ou moins grises ancrĂ©es de longue date. Ensuite, relever le dĂ©fi de la lutte anti-corruption passe schĂ©matiquement par les 3 Ă©tapes suivantes : - Mettre en place les ressources pour structurer un programme de conformitĂ© adaptĂ© Ă  l’organisation, Ă  son mode de gouvernance, Ă  ses processus et ses opĂ©rations, - Suivre la bonne application du programme de conformitĂ© par tous, sanctionner le cas Ă©chĂ©ant, les salariĂ©s qui ont Ă©tĂ© impliquĂ©s dans des faits de corruption et faire savoir que les sanctions ont Ă©tĂ© appliquĂ©es, - enfin, travailler ensemble et avec les tiers et les parties prenantes de l’entreprise, Ă  une meilleure intĂ©gration de la culture de la conformitĂ© au sein du tissu Ă©conomique dans son ensemble 

Pouvez-vous nous parler des meilleures pratiques en matière de gouvernance d'entreprise pour prévenir et détecter la corruption ?

L’implication de l’instance dirigeante est clĂ©, tout comme l’impulsion des acteurs de la gouvernance d’entreprise (administrateurs, membre des comitĂ©s spĂ©cialisĂ©s). En ce sens, les exigences de transparence renforcĂ©e sur le volet « Gouvernance Â» des ESRS prolongent bien l’action de la loi Sapin II pour faire des sujets d’intĂ©gritĂ© un point de focus ESG porteur de valeur « extra-financière Â» pour les entreprises et leurs parties prenantes. Pour rĂ©pondre Ă  la CSRD, les entreprises et les administrateurs chargĂ©s d’en superviser la mise en Ĺ“uvre, devront veiller Ă  dĂ©montrer la façon dont prĂ©viennent, dĂ©tectent et traitent les risques de corruption Ă©maillant leurs opĂ©rations. Comme tout dispositif de gouvernance, cela passe par la formalisation de politiques claires, des actions de sensibilisation, information et formations rĂ©gulières pour l’ensemble des employĂ©s et les collaborateurs les plus exposĂ©s, et un dispositif de contrĂ´le interne robuste et articulĂ© avec les risques spĂ©cifiques de corruption propres Ă  l’organisation.Et concrètement, l’implication de l’instance dirigeante doit ĂŞtre visible sur le terrain. Nous avons pu animer avec KPMG Academy des sessions de formation dĂ©diĂ©es Ă  l’anti-corruption oĂą tout le Comex se mĂ©langeait aux commerciaux et aux acheteurs pour montrer Ă  tous qu’ils s’impliquaient sur ces sujets comme tout collaborateur, y consacraient du temps, et c’est sans aucun doute un excellent message.Nous avons Ă©galement pu conduire des missions d’accompagnement oĂą le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral lui-mĂŞme assistait Ă  tous les entretiens de cartographie des risques et Ă©tait le pilote du programme. C’est la meilleure pratique possible.Le pilotage de projet et le sponsoring de ces dĂ©marches par des personnes identifiĂ©es en interne reste primordial. La connaissance de ces sujets par les administrateurs le cas Ă©chĂ©ant et le fait pour les mĂ©tiers clĂ©s opĂ©rationnels et supports de travailler ensemble sur ces sujets fait toute la diffĂ©rence !

Comment les entreprises peuvent-elles déployer une culture d'éthique et de conformité au sein de leur organisation ? (focus communication, formation)

Le plan de communication du programme de conformitĂ© doit ĂŞtre Ă©tabli et structurĂ©. Il passe par des communications ciblĂ©es (compliance days, newsletter, connaissance en interne de la direction conformitĂ©) et par des formations en prĂ©sentiel/ visio/ e-learnings rĂ©gulières. La sociĂ©tĂ© doit s’approprier par un rappel des valeurs et un soutien constant de l’instance dirigeante le sujet de la conformitĂ© et avec le temps, la culture de l’intĂ©gritĂ© et la compliance feront partie du quotidien des collaborateurs comme un bon rĂ©flexe et une protection pour eux et l’entreprise !

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